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 Les migrations africaines : une affaire de réseaux ou un désir d’aventures ?

 BREDELOUP, Sylvie

 Directrice de recherche au LPED, IRD-AMU

Mise en ligne : 26/10/2015

Type d'activités : Rencontre

Format : Audio

Durée en mn : 00:25:56

Langue : Français

Discipline : Anthropologie

Domaines d'intérêt : Migrations; Mobilités

Mots-clés : Migrations africaines

Couverture géographique : Afrique

Couverture chronologique :  

Institution(s) :  

Personne(s) :  

 

Frontières, sociétés et droit en mouvement : les politiques migratoires méditerranéennes, de l’europe au Sahel


8-9 octobre 2015, MMSH, Aix-en-Provence, France
Rencontre internationale organisée par le Centre d’Études et de recherchesinternationales et communautaires (CERIC) et le Laboratoire méditerranéen de sociologie
Coordination scientifique: Sylvie MAZZELLA, Directrice du LAMES, CNRS-AMU & Delphine PERRIN, Chargée de recherche Marie-Curie, CERIC, CNRS-AMU.

Résumé de l'intervention

Les solidarités familiales, villageoises ou religieuses ont été considérées comme le support principal aux migrations africaines et les réseaux, entendus comme une sorte de « capital social » accumulé par les migrants dans la perspective d'abaisser les coûts migratoires, de réduire les risques et d'accroître les probabilités d'emploi. Sitôt que les migrants ont été pressentis comme acteurs, ils ont été appréhendés le plus souvent comme des cadets sociaux, au service de la communauté, rendant difficile toute interrogation sur d'éventuels processus de différenciation ou d'individuation dans les itinéraires.
Pourtant, au cours des dernières décennies, les stratégies collectives d'accumulation de richesses portées par les migrants ont subi de profondes transformations. Les migrants qui devaient assurer par leur mobilité la reproduction du groupe familial rencontrent des difficultés croissantes. La décision de partir ne résulterait pas systématiquement de calculs coûts-avantages mais relèverait aussi d'une nouvelle économie morale, découlant d'une volonté plus individuelle d'inventer de nouvelles manières de vivre, de partir à la découverte d'autres contrées, réelles ou imaginaires. Au-delà des problèmes économiques ou d'insécurité politique, ce sont de plus en plus les désirs de liberté et d'émancipation familiale qui justifient un nombre croissant de départs en migration ; vérifier par soi-même si le monde ressemble à celui que les médias présentent. Les migrants, s'ils instrumentalisent dès qu'ils le peuvent les différents réseaux et solidarités qu'ils rencontrent en chemin, sont prêts à innover, bien décidés à entrer en relation avec l'autre même très différent. L'entreprise migratoire ne se résume pas à une phase préliminaire et pionnière qui déboucherait inéluctablement sur la mise en scène de réseaux migratoires grâce aux effets multiplicateurs des premières migrations réussies. À se demander plutôt si l'aventure migratoire contemporaine dans laquelle se lancent de plus en plus de migrants ne serait pas devenue aujourd'hui pour certains la résultante d'un épuisement des réseaux.

Citation


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 BREDELOUP, Sylvie, Les migrations africaines : une affaire de réseaux ou un désir d’aventures ? ,
in : Mediamed. Ressources multimedia en sciences humaines sur la Méditerranée , Chaîne : LAMES , Frontières, sociétés et droit en mouvement : les politiques migratoires méditerranéennes, de l’europe au Sahel
URL : http://mediamed.mmsh.univ-aix.fr/chaines/lames/Pages/25-BREDELOUP.aspx