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​Journées d'étude en hommage à Bruno Martinelli

 

« Le forgeron, le juge et l'ethnologue : de la transmission des savoir-faire au traitement des affaires »

Sandra Fancello

 

 

Bruno Martinelli était professeur d'anthropologie à l'Université d'Aix-Marseille. Il nous a quittés en octobre 2014, laissant un grand vide au sein de l'Université, de son laboratoire, auprès de ses collègues et des étudiants qui le décrivent comme un professeur « attachant ». Au cours de sa carrière il a effectivement formé nombre d'étudiants qui sont devenus grâce à lui, passionnés d'anthropologie, au point d'en faire à leur tour leur métier.

Aujourd'hui et demain, nous écouterons ses collègues, les plus anciens, les plus proches, mais aussi ceux qu'il a formés, évoquer leur collaboration avec Bruno, les apports de ses multiples chantiers de recherche et la passion et la ténacité avec lesquelles il a promu l'anthropologie, en France bien sûr, mais aussi en Afrique.

Pour en parler, nous écouterons Henri Médard, nouveau directeur de l'IMAf-Aix, mais qui a pu prendre la mesure de la place qu'occupait Bruno dans notre équipe ; puis le professeur Christian Bromberger qui l'a connu très tôt, dès l'intégration de Bruno au Département d'anthropologie, qui fut membre du jury de son HDR et son collègue durant de longues années, notamment au sein de l'IDEMEC (l'Institut d'ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative) ; ensuite Jacky Bouju, qui partageait la même passion de l'Afrique sur des terrains proches ; et enfin nous écouterons Jean-Bruno Ngouflo, directeur du Département d'anthropologie de l'Université de Bangui (en Centrafrique où Bruno s'est investi durant près de dix ans), et Seli Djimet, directeur du Département d'anthropologie de l'Université de N'Djamena (au Tchad, où Bruno avait relocalisé ses enquêtes depuis 2013) : ils évoquerons l'investissement de Bruno dans la création de ses deux départements, et des cursus de Master, à la faveur de deux conventions interuniversitaires de l'Université d'Aix-Marseille avec ces deux pays.

Par la suite nous écouterons plusieurs spécialistes évoquer leur collaboration avec Bruno sur des champs de recherche qu'il a initiés, nourris ou soutenus. Certains parmi eux sont d'anciens étudiants de Bruno, qui l'ont parfois connu dès leur licence d'ethnologie, ou à partir de la thèse, ou même après, à l'occasion de post-doc ou de collaborations scientifiques.

L'ordre des interventions tente de restituer, avec une certaine cohérence et un minimum de repères chronologiques, les différents champs d'investigation de Bruno Martinelli, dans des contextes différents que chacun se chargera de rappeler, même si certains thèmes, comme la métallurgie du fer en Afrique, ont parcouru toute son œuvre, de même que son talent pour l'observation des chaînes opératoires se retrouve encore tout récemment dans les séries de photos qu'il a prise d'un désorcellement par un nganga centrafricain observé en 2011.

C'est aussi en termes d'enchaînement d'actes, de procédures judiciaires, ou de système de places, qu'il avait abordé les enjeux des procès de sorcellerie en Centrafrique, qui fut son dernier terrain important.

Je passe donc la parole à Sarah Andrieu qui a accepté d'être modératrice de la matinée (cet après-midi ce sera Henri Médard et demain matin André Mary), et je recommande aux orateurs d'essayer de respecter leur temps de parole afin que l'on puisse tenir le programme dans les temps.

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Présentation de l’ouvrage

Penser la sorcellerie en Afrique

sous la direction de S. Fancello, Paris, Hermann, 2015